
Chaque matin, des milliers de véhicules se garent sur les trottoirs français. Sans vergogne. Résultat : des poussettes qui slaloment, des fauteuils roulants bloqués, des enfants qui descendent sur la chaussée. J’accompagne des collectivités depuis des années sur ces problématiques, et la solution reste souvent la même : le potelet. Simple, efficace, parfois mal compris.
L’essentiel sur les potelets en 30 secondes
- Fonction principale : protéger les piétons et délimiter les espaces accessibles
- Critère n°1 : conformité accessibilité PMR obligatoire (espacement réglementaire)
- Matériau recommandé en zone littorale : inox brossé
- Erreur fréquente : espacement insuffisant bloquant les fauteuils roulants
Pourquoi le potelet reste l’équipement incontournable des trottoirs
Parlons chiffres. Ça pique un peu. Selon le bilan 2024 de l’ONISR, 451 piétons ont perdu la vie sur les routes françaises l’année dernière. Douze de plus qu’en 2023. Et voici le détail qui interpelle : 69% de ces décès surviennent en agglomération.
69%
des piétons tués le sont en agglomération
Sur le terrain, la réalité est brutale. Le stationnement sauvage sur trottoir force les piétons à descendre sur la chaussée. Ça concerne tout le monde : la mère avec sa poussette, la personne âgée avec son déambulateur, l’enfant qui rentre de l’école. Les potelets créent une barrière physique simple. Pas de discussion possible avec un bloc d’acier de 80 centimètres.
Franchement, je recommande toujours aux techniciens voirie de commencer par identifier les zones de conflit. Là où les voitures montent systématiquement. Les entrées d’école, les abords de commerces, les traversées piétonnes. C’est là que le potelet prend tout son sens : il ne punit pas, il empêche physiquement.
L’analyse de l’Association Prévention Routière confirme cette vulnérabilité : piétons, cyclistes et usagers de trottinettes représentent 22% de la mortalité routière. Les espaces partagés mal protégés restent des points noirs.
Acier, inox, fonte : quel matériau pour quel usage
Le choix du matériau, c’est rarement une question de goût. C’est une question de contexte. J’ai vu trop de communes acheter sur catalogue sans visiter le terrain. Résultat : des potelets oxydés après trois ans parce que personne n’avait anticipé l’environnement salin.
Quand vous sélectionnez un potelet pour votre projet, posez-vous trois questions : où sera-t-il implanté ? Quel budget maintenance êtes-vous prêt à assumer ? Et surtout, quelle durée de vie visez-vous ?
| Matériau | Durabilité | Contexte idéal | Entretien | Budget |
|---|---|---|---|---|
| Acier galvanisé | 8-12 ans | Zone urbaine standard | Faible | € |
| Inox brossé (304) | 20-25 ans | Zone littorale, humide | Très faible | €€€ |
| Fonte | 30+ ans | Centre historique, patrimoine | Moyen | €€€ |
| Aluminium | 15-20 ans | Zone piétonne légère | Faible | €€ |

Retour terrain : commune périurbaine, 2024
J’ai échangé avec un technicien voirie lors d’un réaménagement de centre-bourg. Ses potelets en acier galvanisé avaient rouillé après trois ans seulement. Le budget maintenance n’avait jamais été prévu. Lors de la réfection, ils ont opté pour de l’inox brossé. Plus cher à l’achat, mais le coût total de possession s’avère inférieur sur quinze ans.
Le guide UNIFA sur le mobilier urbain recommande l’inox AISI 304 ou 316 pour les milieux agressifs. Bord de mer, zones industrielles, proximité de routes salées en hiver. Ne lésinez pas sur ce point.
Accessibilité PMR : les règles que beaucoup ignorent encore

Attention à l’espacement PMR : Un espacement trop faible entre potelets bloque le passage des fauteuils roulants et expose la collectivité à une non-conformité réglementaire. J’ai vu des chantiers entiers repris pour ce motif.
Soyons clairs : la réglementation est précise. Selon l’arrêté du 18 septembre 2012 modifiant celui du 15 janvier 2007, les potelets doivent respecter des dimensions spécifiques pour rester détectables par les personnes malvoyantes. L’annexe 3 définit l’abaque de détection des obstacles bas.
Sur les chantiers que j’ai pu observer, l’espacement entre potelets pose régulièrement problème. Trop serrés, ils bloquent les fauteuils roulants. Ce constat varie selon la configuration initiale de la voirie, mais l’erreur reste la même : on pose d’abord, on réfléchit après.
Les recommandations du CEREMA rappellent d’ailleurs un point essentiel : la réglementation n’impose pas l’utilisation de potelets, y compris aux traversées piétonnes. Autrement dit, si vous pouvez protéger autrement (bordures hautes, végétalisation), c’est parfois préférable. Le potelet n’est pas une fin en soi.
Pour aller plus loin sur l’intégration globale de ces équipements, consultez les ressources sur la conception de mobilier urbain extérieur.
5 points à vérifier avant implantation de potelets
-
Espacement conforme pour passage fauteuil roulant (référence arrêté 2007 modifié) -
Contraste visuel suffisant pour détection par malvoyants -
Hauteur adaptée au contexte (visibilité enfants : attention aux modèles trop hauts) -
Type de fixation selon usage prévu (fixe, amovible, rétractable) -
Compatibilité avec accès véhicules de secours et livraisons
Vos questions sur le choix et l’implantation des potelets
Quel espacement respecter entre deux potelets pour l’accessibilité PMR ?
L’espacement doit permettre le passage d’un fauteuil roulant, conformément à l’arrêté du 15 janvier 2007 modifié. Les prescriptions techniques figurent dans l’annexe 3 relative à la détection des obstacles bas. En pratique, comptez un passage libre suffisant pour un fauteuil standard. Vérifiez toujours sur site avant validation définitive.
Quelle différence de durabilité entre acier galvanisé et inox ?
L’acier galvanisé tient généralement 8 à 12 ans en zone urbaine classique. L’inox brossé (304 ou 316) peut dépasser 20 ans, surtout en environnement salin ou humide. Le surcoût initial de l’inox se compense souvent par l’absence de remplacement prématuré.
Peut-on installer des potelets amovibles pour les marchés ou événements ?
Oui, les modèles amovibles ou rétractables permettent un accès ponctuel aux véhicules autorisés. Ils sont adaptés aux zones de marché, aux accès pompiers ou aux livraisons exceptionnelles. Prévoyez un système de verrouillage fiable pour éviter les retraits non autorisés.
Les potelets sont-ils soumis à des normes obligatoires ?
Le mobilier urbain implanté sur voirie doit respecter les normes en vigueur, notamment la NF P98-310 relative au mobilier urbain. Les exigences d’accessibilité sont définies par l’arrêté du 15 janvier 2007 modifié le 18 septembre 2012.
La sécurisation d’un espace piéton ne se limite pas aux potelets. Elle s’inscrit dans une réflexion globale incluant le marquage au sol. Pour compléter votre projet, explorez les techniques de marquage pour votre voirie.
Mon avis pour la suite : Ne commandez jamais sur catalogue sans visite terrain préalable. Le terrain, ça se visite avant de signer. J’ai vu trop de projets reprendre à zéro parce que l’espacement ne convenait pas ou que le matériau s’oxydait en deux hivers.
Plutôt que de multiplier les références, concentrez-vous sur trois critères : accessibilité PMR conforme, matériau adapté à l’environnement, et budget maintenance anticipé sur dix ans. Le reste, c’est du détail.